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De très beaux gîtes pour les insectes au collège Paul Eluard

Publication : (actualisé le ) par Angélique BODINIER

Tout comme Victor Hugo, nos élèves éco délégués se sont émus l’été dernier de voir « trembler au poids d’une abeille un brin de lavande en fleur ».

En effet, suite aux actions menées en faveurs de la lutte contre le réchauffement climatique, favoriser la biodiversité est un axe majeur d’actions envisagé par nos élèves éco délégués.

Pour rappel, notre jardin pédagogique expérimental favorise grandement la biodiversité grâce à son agencement en quatre espaces.
Les couleurs des fleurs attirent particulièrement les insectes qui ensuite y reviennent grâce aux fragrances totalement irrésistibles pour eux des plantes aromatiques, facilitant au passage la pollinisation de nos petits fruitiers et de notre potager.

Récemment, notre prairie a cédé sa place à une pépinière de fruitiers, véritable futur petit verger conservatoire de biodiversité avec des scions de pommier, poirier, kaki, mirabellier et cerisier.
Ainsi, elle fait suite à notre plessis de cultures partagées qui a récemment accueilli un abricotier et un noisetier.
Entre se trouve notre mûrier, le pommier sauvage et nos deux composteurs.

Lorsque nos éco délégués ont mené ces actions, ils ont remarqué que notre ancien grand hôtel à insectes devait être remplacé.
Suite à leur travail d’étude portant sur l’intérêt de l’installation de gîtes à insectes, les éco délégués ont choisi d’en réaliser deux nouveaux plus petits qui seront plus efficaces que l’ancien.

Pourquoi offrir le gîte aux insectes sauvages ?

Une partie de la pollinisation des végétaux est réalisée par les insectes sauvages : abeilles, bourdons, papillons, sphinx, coléoptères…
La pollinisation par les insectes est un service gratuit que nous rend la nature, indispensable à la survie de la majorité des plantes à fleurs, à l’agriculture qui produit nos aliments et, plus largement, à l’équilibre des écosystèmes (cf. article sur les ruches urbaines).
Rappelons qu’économiquement, la pollinisation représente une valeur de 1,5 milliards d’euros par an pour la France et de 14 milliards d’euros pour l’Europe !
La variété des paysages et des climats a favorisé une diversité de pollinisateurs exceptionnelle en
Europe mais aujourd’hui elle est directement menacée.
Observations sur le terrain et travaux scientifiques notamment ceux du MNHN (Muséum National d’Histoire Naturelles) (cf. article MNHN) et de l’INRAE (Institut National Recherche pour l’Agriculture, l’Alimentation et l’Environnement) attestent le déclin et même les risques d’extinction de certaines espèces dont le rôle est vital.

Les causes de cette surmortalité sont désormais connues : l’exposition aux pesticides et l’artificialisation des sols nuisent à la biodiversité.
L’épandage aérien des pesticides est particulièrement nocif pour les pollinisateurs en même temps qu’il pose des problèmes de santé publique et de pollution des eaux, voilà pourquoi il a été interdit en France.

Il existe des alternatives concrètes, nos éco délégués agissent régulièrement au jardin en adoptant des pratiques naturelles.
Par exemple, ils s’engagent à accroître la biodiversité dans leur environnement ultra urbain en fleurissant leurs fenêtres, balcons et le collège.

Vous comprenez maintenant que les insectes sauvages sont indispensables.
Ils vivent de façon solitaire et ils sortent bien plus tôt de leur abri que les abeilles domestiques pour polliniser les végétaux à la floraison plus précoce.
Voilà pourquoi il faut au maximum placer les gîtes à insectes près des arbres fruitiers et les multiplier.
En conclusion, il vaut mieux plusieurs petits hôtels à insectes répartis plutôt qu’un seul de grande taille.

De quoi doit-il être composé un hôtel à insectes type ?

Pour ces réalisations, nos éco délégués ont été conseillés par Karine, de l’association Connaître et Protéger la Nature Val de Seine venue spécialement vendredi 6 février au collège avec sa camionnette remplie d’outils !
Karine s’est présentée et elle a été ravie de découvrir que nos jeunes avaient de solides connaissances scientifiques sur ce qu’est un insecte, sur les interrelations entre prédateurs.
Ils ont été bien réceptifs aux différents types de matériaux naturels nécessaires aux cycles de vie des insectes.

Pour leurs réalisations les éco délégués se sont donc appuyés sur la composition type d’un gîte à insectes qui doit comporter du bois percé, pour accueillir l’osmie rousse (abeille sauvage), des tiges sèches creuses pour les guêpes et les abeilles solitaires ; des tiges à moelle (le sureau est idéal) pour les syrphes (famille des mouches), de la paille pour les chrysopes appelées communément la demoiselle aux yeux d’or cousine de la libellule et les forficules dits perce-oreilles ; des planchettes pour les coccinelles et des branchages pour les coléoptères.
Les élèves et moi-même avions apporté des branches de noisetier, de sureau, de bouleau, des pommes de pin, de la paille et des écorces.

Au sein de nos gîtes, les principales espèces d’insectes présentes seront :
 Les coccinelles : dont les larves luttent énormément contre les pucerons.
 Les chrysopes : qui luttent contre pucerons, les cochenilles, les thrips et les araignées rouges.
 Les carabes : qui luttent contre les parasites, les limaces, les escargots, les chenilles et les pucerons.
 Les perce-oreilles : qui luttent contre les petites chenilles et empêchent la prolifération des pucerons.
 Les syrphes : qui luttent contre les pucerons et participent à la pollinisation.
 Les osmies : qui participent à la pollinisation des fleurs et arbres fruitiers dès mars.
 Les papillons : qui participent à la pollinisation.

Les éco délégués passent à l’action.

Un très bon esprit d’équipe s’est déployé :

1ère étape : l’assemblage des structures et du mât d’amarrage puis lasurage avec de l’huile de lin.
Ainsi ils résisteront mieux aux intempéries, sans nuire à la vie des insectes qui viendront s’y réfugier.

2e étape : découpage et perçage des branches de noisetier et de sureau afin de créer des galeries de ponte.

3e étape : pose du grillage d’amarrage à l’aide de clous tapissiers sur une face.

4e étape : remplissage des niches des structures avec les écorces, pommes de pin, tiges percées et paille.

5e étape : fermeture du gîte avec la pose du grillage sur l’autre face.

6e étape : implantation à l’aide de la tarière.

Les élèves avaient hâte de s’approprier le maniement des outils.
Ils se sont très bien organisés rendant le travail efficace !

Il ne restait plus qu’à bien orienter ces nouveaux hôtels à insectes, plein sud évidemment, ainsi ils seront protégés des vents dominants de l’Ouest et du Nord.

Rassurez-vous, nos gîtes à insectes sont avant tout des dispositifs pédagogiques permettant de montrer les
différents supports sur lesquels les insectes peuvent réaliser leur cycle de vie.
Les insectes ont besoin de bien plus d’espaces qu’une simple boite.
Les différents éléments au sein du jardin en plus grande surface soutiennent des populations d’insectes bien plus conséquentes.

Toutefois, l’hôtel à insecte représente une réelle alternative aux produits chimiques et c’est une façon bien écologique de favoriser la biodiversité !

Bravo à tous nos éco délégués pour ces très beaux gîtes !

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